Protection des civils dans les conflits armés
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RD Congo: 40 enfants soldats quittent les rangs de mouvements armés suite aux efforts de sensibilisation de l’Appel de Genève

| Protection des enfants

Plus de 40 enfants ont récemment quitté les rangs de mouvements armés opérant au Nord-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). La plupart d’entre eux étaient membres de trois mouvements armés avec lesquels l’Appel de Genève a un dialogue depuis plus d’un an sur l’interdiction d’utiliser des enfants soldats.

Suite à leur démobilisation, ces enfants ont été pris en charge par une organisation congolaise spécialisée dans la protection et la démobilisation d’enfants. La MONUSCO, la force des Nations Unies en RDC, a ensuite évacué à Goma les enfants qui souhaitaient prendre part au programme gouvernemental de démobilisation. Pendant trois mois, ils suivront une formation professionnelle pour les préparer à réintégrer la vie civile.

« J’ai rejoint le groupe armé volontairement, mais la vie dans la jungle est très dure et j’ai beaucoup souffert. A présent, je souhaiterais devenir conducteur de taxi-moto » a affirmé l’un des enfants à l’organisation partenaire de l’Appel de Genève. « Nos commandants  ont entendu les messages de l’Appel de Genève et nous ont aidé à partir » a affirmé un autre ancien enfant soldat.

« Le recrutement d’enfants soldats – qu’il soit forcé ou volontaire – est une pratique courante dans le Nord-Kivu, où des dizaines d’acteurs armés sont actifs. Ces démobilisations constituent un signal positif et nous espérons que d’autres acteurs feront de même » a déclaré Marie Lequin Coutin, Directeur de la région Afrique de l’Appel de Genève.

Selon le mécanisme de monitoring des Nations Unies, le nombre d’enfants soldats recrutés par des groupes armés en RDC a diminué ces dernières années.

L’aboutissement d’un processus de deux ans avec l’APCLS

En Novembre 2016, l’APCLS a pris l’engagement public d’interdir l’utilisation d’enfants soldats en signant, dans la salle Alabama et avec l’Appel de Genève et le Canton et République de Genève, l’Acte d’engagement qui protège les enfants dans les conflits armés.

Cet engagement est le résultat de deux années de dialogue continu avec l’APCLS sur le thème des enfants soldats et de la protection des enfants. Plus tôt en 2016, l’APCLS avait modifié son code de conduite  pour relever l’âge minimum de recrutement à 18 ans.

L’Appel de Genève a également organisé plusieurs formations dans les zones contrôlées par l’APCLS afin d’expliquer aux combattants et aux officiers ce qu’un tel engagement signifierait en pratique et quelles mesures devraient être prises pour le mettre en œuvre.

Lors de sa venue à  Genève, l’APCLS a pris part à une réunion organisée par l’Appel de Genève sur la protection de l’éducation dans les conflits armés. Ils ont bénéficié des conseils d’organisations internationales telles qu’UNICEF et des retours d’expériences des 21 autres mouvements armés participant à la conférence. “Cette conférence a développé nos capacités et renforcé notre détermination à protéger les enfants dans les conflits armés ” a affirmé le leader de l’APCLS suite à la réunion.

L’Appel de Genève a ouvert un dialogue sur le même sujet avec d’autres groupes armés de la région, et comme avec le Nduma Defense of Congo – Rénové (NDC-R) ainsi que les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) et les Forces de Défense Congolaises (FDC).

Nous espérons que ce petit pas ouvrira la voie à un Nord-Kivu sans  enfants soldats. Les enfants sont le futur de la RDC et ce futur doit être protégé. L’Appel de Genève continuera à travailler avec les groupes armés, non seulement sur l’interdiction du recrutement d’enfants, mais aussi sur le droit de la guerre et la protection des civils en général” a déclaré Marie Coutin Lequin.