Protection des civils dans les conflits armés

Niger

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Le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), groupe ethnique majoritairement touareg, s’est lancé en 2007 dans une insurrection armée contre le gouvernement, appelant à davantage d’autonomie et à un meilleur partage des richesses pour les régions du nord.

Avec deux de ses factions dissidentes, le MNJ a accepté un cessez-le-feu négocié en 2009 par le biais d’une médiation de la Libye.

Pendant le conflit, les deux parties ont eu recours à des mines anti-véhicules. Cela a entraîné de grandes souffrances parmi la population civile, qui compte pour la moitié des plus de 300 personnes victimes des mines. En outre, la liberté de mouvement et les activités de subsistance de ces populations en ont été considérablement entravées. Même si l’usage de mines antipersonnel n’a jamais été confirmé, l’armée nigérienne en a collecté des milliers lors des différents programmes de désarmement menés pendant et après le conflit. Des violations présumées du droit international humanitaire (DIH), notamment des exécutions extrajudiciaires, ont été signalées durant le conflit.

Activités

Entre 2007 et le cessez-le-feu de 2009, l’Appel de Genève a cherché à obtenir l’engagement du MNJ et de ses factions dissidentes sur l’interdiction des mines antipersonnel. Préoccupé par les effets disproportionnés de l’usage des mines anti-véhicules, en particulier sur les populations civiles, l’Appel de Genève a également préconisé le respect des normes internationales régissant leur utilisation.

Le nord du pays étant toujours affecté par les mines anti-véhicules après la fin du conflit armé, l’Appel de Genève a cherché à faciliter la coopération en matière de déminage entre le gouvernement et les anciens rebelles dans la période d’après conflit.

Interdiction des mines antipersonnel

Même si le MNJ avait mis en place une politique interne pour réglementer l’utilisation des mines antipersonnel, ses dirigeants n’avaient aucune connaissance des normes internationales sur le sujet. Grâce à des réunions et des séances d’information régulières, l’Appel de Genève s’est efforcé d’améliorer les pratiques du MNJ. Cela prévoyait l’obligation de tenir des registres indiquant l’emplacement des mines anti-véhicules, de connaître les règles de proportionnalité et de prendre les précautions nécessaires pour éviter les victimes civiles.

L’Appel de Genève a également impliqué les médias locaux pour qu’ils diffusent des informations sur les normes internationales relatives aux mines antipersonnel et anti-véhicules, afin que la population civile soit mieux informée des risques dans les zones où opère le MNJ.

L’Appel de Genève a réuni les autorités gouvernementales, d’anciens commandants rebelles et des organismes internationaux de déminage lors d’un atelier organisé à Agadez, en octobre 2011. Les discussions ont porté sur la façon d’améliorer le partage d’informations sur les zones minées et sur la coopération en matière de déminage. C’était la première fois que les deux anciens belligérants se réunissaient pour débattre de ces questions. Les principales recommandations formulées lors de cet atelier ont été mises en application en 2012. Ces recommandations prévoyaient notamment la formation et l’intégration réussie des anciens combattants du MNJ qui avaient posé des mines pendant le conflit, dans les équipes de déminage du gouvernement, aux côtés des ingénieurs militaires qui avaient été actifs dans les forces armées nigériennes au cours de la même période. Une cinquantaine d’anciens combattants ont été engagés comme agents de liaison communautaire afin de contribuer à l’identification des zones dangereuses, alors qu’une quinzaine d’autres participent à des opérations de déminage. Depuis le début des opérations, plus de 800 km de routes ont été déminés.

Principaux résultats

  • Le travail d’information et de sensibilisation mené par l’Appel de Genève sur le thème de l’interdiction des mines antipersonnel a été très fructueux puisque le MNJ et ses factions dissidentes n’ont pas eu recours aux mines antipersonnel pendant le conflit qui a duré de 2007 à 2009. De même, les acteurs armés non-étatiques (AANE) ont adopté une série de mesures destinées à réduire l’impact potentiel des mines antipersonnel sur la population civile.
  • L’action menée par l’Appel de Genève a eu un impact considérable sur l’amélioration de la coopération entre le gouvernement et les anciens rebelles, qui ont également participé aux opérations de déminage, contribuant ainsi à une élimination totale des mines dans le nord du Niger.

 

En Niger, l'Appel de Genève travaille ou a travaillé avec les acteurs armés non-étatiques suivants:

Organisation Actif Thèmes
Interdiction des mines antipersonnel Protection des enfants Problématiques liées au genre Normes Humanitaires
Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) Non
Cliquez sur la coche pour afficher l'Acte d'Engagement signé
 

L'Appel de Genève est en dialogue avec l'AANE sur ce thème

 

L’Appel de Genève était en dialogue avec l'AANE sur ce thème

 

L'AANE a signé l'Acte d'Engagement sur ce thème

 

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